19 October 2010

Commentaires sur "L'évolution du meme" par K. Laland et J. Odling-Smee

Commentaires sur "L'évolution du meme" (The evolution of the meme) par Kevin Laland et John Odling-Smee. Je voudrais m'essayer à commenter certains des articles rassemblés dans le livre suivant:


Darwinizing Culture.
The status of memetics as a science.
Edité par Robert Aunger.
Préface de Daniel Dennett.
Avec les contributions de:
Robert Aunger, Susan Blackmore, Bloch Maurice, Robert Boyd, Rosaria Conte, David L. Hull, Kuper Adam, Laland Kevin, John Odling-Smee, Plotkin Henry, Peter J. Richerson, Dan Sperber.

Je vais commencer par l'article intitulé «L'évolution du mème" par Kevin Laland et John Odling-Smee.

Je veux montrer que Kevin Laland et John Odling-Smee comprennent mal le concept de mème et, plus précisément, le concept de réplicateur, ce qui, du fait, discrédite quelque peu le point de vue qu'ils présentent dans leur article.

K. Laland et J. Odling-Smee introduisent un concept de construction de niche (de l'anglais “niche construction” ) qui est très intéressant en soi et l'appliquent à l'idée du mème pour essayer de comprendre comment les mèmes ont vu le jour. La « construction de niche » peut être considérée comme une transformation de l'environnement par les organismes vivants qui modifie à son tour la pression sélective sur ces mêmes organismes et leurs descendants. K. Laland et J. Odling-Smee présentent ici des arguments très valables, mais étrangement semblent passer complètement à côté de l'idée des mèmes de Dawkins. Ils écrivent:

(Traduction de l'anglais par moi-même.)
Qu'est-ce qui détermine si un mème se propage? Pour Dawkins (1976), les mèmes, comme tous les réplicateurs, se répandent si ils bénéficient d'une haute fidélité, fécondité et longévité. Dans les discussions mémétiques, chacune de ces propriétés est habituellement traitée comme si elle était une caractéristique intrinsèque du mème.

K. Laland et J. Odling-Smee semblent critiquer le fait que ces caractéristiques sont «intrinsèques». C'est là qu'ils se trompent, car en effet ces caractéristiques sont très exactement intrinsèque. Elles le  sont, tout simplement par définition. Ce n'est pas que certains mèmes pourraient avoir ces qualités et d'autres  pas, c'est que tout ce qui possède ces caractéristiques est un réplicateur et ceux qui n'ont pas ces caractéristiques ne peuvent tout simplement pas être considérés comme des réplicateurs. Ce regrettable malentendu entraine une confusion, par exemple, quand ils écrivent:

(Traduction de l'anglais par moi-même.)
[...] des études sur l'apprentissage social chez des espèces aussi diverses que les rats, les pigeons et les guppys suggèrent que ces animaux adoptent parfois une stratégie de type «fais-ce-que-la-majorité-fait» (Laland et al. 1996b). Dans de tels cas, la probabilité qu'une personne adopte un mème ne dépend pas de la contagiosité de ce mème, mais du nombre de personnes exprimant déjà le comportement associé à ce mème.

Encore une fois, si un mème, ou tout autre réplicateur, ne parvient pas à être copié, c'est précisément parce qu'il a perdu sa contagiosité, et il l'a perdu parce que l'environnement a changé, transformant ainsi ce qui était auparavant un réplicateur à succès, en un non-réplicateur. C'est peut-être ce point que K. Laland et J. Odling-Smee n'ont pas saisi. C'est la relation entre l'environnement et le réplicateur qui définit un réplicateur. Si l'environnement change, la nature même des réplicateurs doit être réexaminée.

Ce problème de définition porte une ombre sur leur argumentation globale de la construction de niche qui est, en dehors de çà, pleine d'informations pertinentes sur les processus évolutifs et très certainement intéressante à lire.

Commentaires sur "Une objection à l'approche mémétique de la culture." par Dan Sperber

 Je souhaite émettre quelques commentaires sur l'article de Dan Sperber:
"Une objection à l'approche mémétique de la culture"
Publié dans le livre suivant :



Darwinizing Culture.
The status of memetics as a science.
Edité par Robert Aunger.
Préface de Daniel Dennett.
Avec les contributions de:
Robert Aunger, Susan Blackmore, Bloch Maurice, Robert Boyd, Rosaria Conte, David L. Hull, Kuper Adam, Laland Kevin, John Odling-Smee, Plotkin Henry, Peter J. Richerson, Dan Sperber.


Il y a trois points sur lesquels je voudrais intervenir.
Tout d'abord, la représentation que fait Dan Sperber du concept de Richard Dawkins, que je pense erronée.
Deuxièmement, la critique de Dan Sperber sur l'argument du téléphone arabe de Richard Dawkins.
Troisièmement, l'argument final de Dan de la « déduction » contre la « copie ».

1 /
Dan Sperber semble avoir mal compris, ou du moins mal représenté, le concept de mème comme Richard Dawkins l'a décrit.
Dan Sperber écrit (traduit de l'anglais par moi-même.):

Richard Dawkins définit les «mèmes», comme des réplicateurs culturels se propageant par imitation, dans un processus de sélection, et sont sélectionnés non dans l'intérêt de leurs véhicules, les humains, mais dans leur propre intérêt.

Richard Dawkins a en effet défini les mèmes comme des réplicateurs mais il ne dit pas qu'ils ne profitent qu'à eux-mêmes tel que Dan le sous-entend. Oui, ils travaillent pour eux-mêmes, mais ils peuvent aussi travailler au bénéfice de leurs hôtes, et il n'y a rien dans la définition d'un réplicateur qui l’empêche. S'aider soi-même n'est pas exclusif d'aider les autres. En outre, la plupart des réplicateurs travaillent pour eux-mêmes tout simplement en travaillant pour leurs hôtes, parce que c'est leur meilleur moyen de réplication. Dans la plupart des cas, il est dans l'intérêt direct du réplicateur de bénéficier à son hôte, et on peut s'attendre à ce qu'il en soit de même pour les mèmes.

Dan dit ensuite que les mèmes sont des éléments agressifs tels que les chain-letters ou encore, il suggère que ce point de vue considère les mèmes comme envahissant et recrutant les esprits pour poursuivre leur propagation. Ici Dan utilise un langage qui personnifie les mèmes d'une manière contre laquelle Richard Dawkins a toujours mis en garde. Les mèmes (et les gènes) n'envahissent ni ne recrutent, ils se trouvent simplement être copiés avec succès. Les mèmes ne sont pas conscients et ils n'ont pas de plans. Le choix de vocabulaire de Dan n'aide certainement pas à se faire une bonne idée sur le sujet et dénature la vision de Dawkins.

2 /
Dan Sperber réagit ensuite à l'un des arguments de Richard Dawkins où Richard tente de plaider en faveur de l'existence des mèmes. Je ne vais pas revenir sur l'argument de Richard, qui pourrait bien être critiqué, je vais me concentrer uniquement sur l'argument de Dan, qui peut être analysée en soi.

Dan commence par donner une définition de la copie. C'est une initiative intelligente et je crois moi-même qu'il est important de définir ce concept très clairement. J'en fait la tentative dans mon travail théorique et j'expliquerai plus loin comment la définition de Dan est bonne mais, à mon avis, incomplète. Voici la définition de Dan Sperber (traduit de l'anglais par moi-même.):

Permettez-moi [...] de définir trois conditions minimales pour une véritable réplication.
Pour que B soit une réplique de A,
  1. B doit être causé par A (en présence de l'environnement nécessaire),
  2. B doit, de façon pertinente, être similaire à A, et
  3. Le processus qui génère B doit obtenir l'information qui le rend similaire à A à partir de A.

Dans un exercice de pensée, Dan explique que lorsque les gens copient un dessin aléatoire de mémoire, ils ont beaucoup de mal, mais quand ils copient de mémoire une forme reconnaissable comme une étoile à cinq branches, ils réussissent très bien. Dan explique que s'ils réussissent aussi bien ce n'est pas parce qu'ils copient l’étoile, mais parce qu'ils créent un nouveau dessin de ce qu'ils ont reconnu comme une étoile bien connue.
Par conséquent Dan affirme que, dans ce cas, la condition (3) de sa définition n'est pas remplie, en d'autres termes que le nouveau dessin d'étoile n'est pas une copie directe résultant des détails de la première étoile, mais plutôt une simple reproduction de l'étoile qui était déjà connue avant l'exercice.

J'ai deux objections simples à proposer.

Premièrement, même si la copie n'est pas une copie de l'étoile donnée dans l'exercice, il y a néanmoins une copie qui est faite de la toute première étoile que nous avons connue bien avant l'exercice. En effet, il devait y avoir une première exposition initiale à l'étoile dans le passé afin que l'étoile puisse ensuite être reproduite à nouveau dans cet exercice futur. Ceci suggère que même si le processus de copie que Dan critique n'est en effet pas un processus réel de copie, il peut y avoir malgré tout un processus de copie sous-jacent, sur une échelle de temps plus large. Donc, si l'on considère l'exercice à plus grande échelle, nous pourrions voir que cette condition (3) est bel et bien remplie, sauf que ce n'est pas le même objet A qui doit être considéré, A étant la première étoile que l'on ai connu.

Deuxièmement, il y a malgré-tout quelque chose qui est copié dans cet exercice, même si l'on copie un dessin aléatoire. Les gens ne copient pas simplement le dessin, ils copient différents aspects du dessin. L'un d'eux, par exemple, est le fait que c'est un dessin au trait, que la ligne est sombre et que c'est sur un morceau de matériau plat de couleur claire. Tous ces éléments peuvent être copiés fidèlement indépendamment du fait que le dessin lui-même soit ressemblant ou non, et sans doute, même si la personne qui fait la copie n'a jamais utilisé un stylo et du papier auparavant. Ainsi, d'une certaine façon, il est injuste de dire qu'il n'y a pas de copie dans cet exercice. A mon avis, ces points ne doivent pas être minimisés, de plus qu'encore une fois ils satisfont les critères de Dan.

Par ailleurs, Dan ignore la complexité inhérente à un dessin aléatoire. Les informaticiens savent trop bien que des données aléatoires sont les plus difficiles à stocker, car elles sont incompressibles, en d'autres termes il n'y a pas de règles qui permettraient de les stocker d'une manière simple. Il en va de même pour notre cerveau. Par conséquent lors de la copie d'un dessin aléatoire il faut mémoriser beaucoup plus de détails que lors de la copie d'une forme géométrique par exemple.
Une autre façon de voir les choses, c'est qu'une forme aléatoire ferait un bien mauvais réplicateur, car elle exige plus d'efforts pour être retenue. Par conséquent, il n'y a pas à s’étonner que le dessin aléatoire sera moins bien copié qu'une étoile à cinq branche bien régulière.


3 /
Le dernier point de Dan est probablement son argument le plus important contre la mémétique.

L'argument est très simple et est plus ou moins ceci : Quand un enfant apprend à parler, elle apprend naturellement la grammaire, bien que personne ne lui ait explicitement enseigné les règles de grammaire. C'est parce que les règles de grammaire doivent être déduites du contexte par l'enfant, grâce à sa propension génétique à le faire.
Par conséquent, Dan suggère à juste titre que la grammaire, et très probablement notre culture dans son ensemble, ne s'apprend pas à travers un processus de copie mais par un processus de déduction, ce qui, si tel était le cas, compromettrait sérieusement l'idée même de mèmes.

Ironiquement, Dan propose une solution à sa propre question, et il nous suffit d'appliquer sa propre définition de réplication. Voici le résultat:

La règle de grammaire B est une réplique de la règle de grammaire A, car:
  1. la règle de grammaire B est causée par la règle de grammaire A (en présence de l'environnement nécessaire),
  2. la règle de grammaire B est, de façon pertinente, semblable à la règle de grammaire A, et
  3. Le processus qui génère la règle de grammaire B, obtient l'information qui fait la règle de grammaire B similaire à la règle de grammaire A à partir de la règle de grammaire A.

Mais, au mieux, cela montre seulement que Dan n'est pas tout à fait cohérent avec ses propres idées. Cela ne dit pas si sa définition de la réplication est bonne, ni si ce contre-argument est valable.

Pour répondre à cette question nous avons simplement besoin de revenir à la définition originale du réplicateur et poser la question suivante : existe-t-il une entité, telle une règle de grammaire A, qui soit reproduite avec succès et durablement dans une population? Je crois que nous pouvons répondre par l'affirmative en toute confiance, et c'est tout ce qu'il faut pour que la règle de grammaire A corresponde à la définition de réplicateur. Ainsi, la nature culturelle de la règle de grammaire A en fait un réplicateur culturel, c'est à dire un mème.

Du point de vue du mème, il importe peu de savoir si il existe une propension génétique pour les règles de grammaire ou non, c'est le résultat qui compte, à savoir, s'il est répliqué ou non. Mais, la question importe d'un point de vue mémétique et évolutif, afin de comprendre ce qui va déterminer laquelle de toutes les règles de grammaire aura le plus de succès. Une propension génétique pour l'apprentissage des règles de grammaire joue en effet un rôle de catalyseur pour ce type de mème.

Mon impression générale de l'objection de Dan Sperber, est que Dan n'a peut-être pas bien compris tous les détails de l’idée de Dawkins. Ainsi, Dan s'efforce malheureusement de critiquer une fausse idée de la mémétique. C'est regrettable vu la qualité de l'esprit analytique de Dan Sperber.

C'est la raison pour laquelle j'ai toujours essayé de montrer combien il est important de comprendre l'idée du réplicateur et être en mesure de prendre le point de vue du mème sur la culture. Ce n'est pas vraiment le travail de Richard que j'essaie de défendre ici, mais l'idée du réplicateur. C'est une idée extrêmement puissante qui a été remarquablement transmise et développée par Richard Dawkins, mais j'ai également ma propre opinion sur certains aspects de la mémétique, et je pense qu'il y a encore beaucoup à faire.
J'ai moi-même proposé une définition de ce qu'est une copie, et aussi de ce que sont un réplicateur et un mème. Je crois que nous pouvons être plus précis dans ces définitions de manière à laisser moins de place à l'ambiguïté et j'espère qu'elles seront utiles pour bâtir un meilleur modèle de la mémétique. Je vous invite à lire mes définitions dans ma tentative théorique en ligne:
Tout commentaire sera le bienvenu.

18 October 2010

Comments on "An objection to the memetic approach of culture." by Dan Sperber

 I wish to try and make comments on Dan Sperber's article: 
“An objection to the memetic approach of culture”
Published in the following book :
Darwinizing Culture.
The status of memetics as a science.
Edited by Robert Aunger.
Foreword by Daniel Dennett.
With contributions from:
Robert Aunger, Susan Blackmore, Maurice Bloch, Robert Boyd, Rosaria Conte, David L.Hull, Adam Kuper, Kevin Laland, John Odling-Smee, Henry Plotkin, Peter J. Richerson, Dan Sperber.

There are three main points I want to comment on.
First, Dan Sperber's representation of Richard Dawkin's concept which I think is mistaken.
Second, Dan's critic of Richard's Chinese whispers argument.
Third, Dan's final argument against memetics of inference VS copying.

1/
Dan Sperber seems to misunderstand, or at least misrepresent, the concept of meme as Richard Dawkins introduced it.
Dan Sperber writes:

Richard Dawkins defines “memes” as cultural replicators propagated through imitation, undergoing a process of selection, and standing to be selected not because they benefit their human carriers, but because they benefit themselves.

Richard Dawkins indeed defined memes as replicators but he did not mean to say that they only benefit themselves in the way Dan implies it. They surely do benefit themselves but they may benefit their hosts as well, and there is nothing in the definition of a replicator that forbids it. Benefiting oneself is not exclusive of benefiting others. Furthermore, most replicators benefit themselves simply by benefiting their hosts, because it is the very best route for their replication process. In most cases it is in the replicator's interest to benefit the host and we can reasonably expect it to be the case with memes as well.

Dan then consequently says that memes are aggressive things such as chain-letters or he suggests that this view sees memes as invading and recruiting minds only to further their own propagation. Here Dan is using a language that is personifying the memes in a way that Richard Dawkins has always warned against. Memes (or genes) don't “invade” nor “recruit” they simply happen to be successful at being copied. Memes are not conscious and they don't have plans. Dan's choice of vocabulary is certainly not helping to get the right picture and is misrepresenting Dawkins' view.

2/
Dan Sperber then continues and reacts to one of the later arguments of Richard Dawkins where Richard tries to make a case for the existence of memes. I won't go back to Richard's argument, which might indeed be worth criticising, I will instead concentrate only on Dan's argument which can be analysed on its own.

Dan starts by giving a definition of a copy. This is a smart move and I believe myself it is important to define this concept very clearly. I have made an attempt to do so in my own theoretical work, and I will explain later how Dan's definition is good but, in my opinion, incomplete. Here is Dan's definition:

Let me […] define three minimal conditions for true replication. For B to be a replication of A,
  1. B must be caused by A (together with background conditions),
  2. B must be similar in relevant respects to A, and
  3. The process that generates B must obtain the information that makes B similar to A from A.

In a thought experiment, Dan explains that when people copy a random drawing from memory, they perform very badly but when they copy from memory a recognisable shape such as a five-branched star they perform very well. Dan explains that if they perform so well it is not because they copy the star but because they create a new drawing from what they recognised as a well known star.
Therefore Dan claims that, in this case, the condition (3) of his definition is not satisfied, in other words that the new drawing of a star was not a direct copying resulting from the details of the first star, but rather a simple reproduction of the star that was already known before the test.

I have two simple objections to that point.

First, even if the copy is not a copy of the original star from the test, there is nevertheless a copy being made of the very first star that we learned about, long before the test. There had to be a first initial exposure to the star in the past so that the star could then be reproduced again in that future test. This suggests that even if the copying process that Dan is criticising is indeed not a real copying process, there might still be an underlying copying process going on, on a larger time scale. So if one looks at the test on a larger scale, we might realise that condition (3) is indeed satisfied, except for it's not the same object A that we should consider, A being that very first star we encountered.

Second, there is still something being copied in this particular test, and even so when copying a random drawing. People are not just copying the drawing, they are copying different aspects of the drawing. One of which, for example, is the fact that it's a line drawing, that the line is dark and that it is on a light coloured piece of flat material. All of those could be copied faithfully regardless of whether the drawing itself is resemblant or not, and probably, even if the person doing the copying never used a pen and paper before. So, in a way it is unfair to say that there is no copying going on here. These points should not be downplayed I believe, and again they would satisfy Dan's own definition.

Also, Dan ignores the inherent complexity of a random drawing. Computer scientists know too well that random data is the most difficult type of data to store because it is incompressible, in other words there are no rules that would allow to store it in a simple way. The same goes for our brains. Therefore when copying a random drawing one needs to remember a lot more than when copying a geometrical shape for example.
Another way of looking at it, is that a random shape would make a bad replicator indeed. Because it demands more effort to remember it. Therefore, it is little surprise that a random drawing will generate worse copies of itself than a nice regular five-branched star would.


3/
The last point is probably Dan's strongest argument against memetics.

The argument is quite simple and goes more or less like this. When a child learns how to speak she naturally learns the grammar, although nobody has actually explicitly taught her the rules of grammar. That is because the rules of grammar have to be inferred from the context by the child, thanks to her genetic propensity to do so.
Therefore, Dan rightly suggests that grammar, and probably most of our culture, is not learned through a copying process but through inference, which, if it were true, would undermine seriously the very idea of memes.

The ironic situation here is that Dan himself offers a solution to his own question, and we don't need to look further than his own definition of replication. Here is how it goes :

Grammar rule B is a replication of grammar rule A because :
  1. Grammar rule B is caused by grammar rule A (together with background conditions),
  2. Grammar rule B is similar in relevant respects to grammar rule A, and
  3. The process that generates grammar rule B, obtains the information that makes grammar rule B similar to grammar rule A from grammar rule A.

But, if anything, this only shows that Dan is not quite consistent with his own ideas. This doesn't say whether his definition of replication is good and whether this counter-argument is valid.

To answer this question we simply need to go back to the original definition of the replicator and ask the question. Is there such an entity as a grammar rule A that is being successfully and sustainably replicated throughout a population? I believe we can confidently answer yes, and that's all it takes for grammar rule A to fit the definition of replicator. Thus the cultural nature of grammar rule A would make it a cultural replicator, i.e. a meme.

From the meme's eye view, it is irrelevant whether there is a genetic propensity for grammar rules to exist or not, it's only the result that counts, i.e. whether it is replicated or not. But, it is relevant from a memetic evolutionary point of view in order to try and understand what will determine which of all grammar rules will be most successful. A genetic propensity for learning grammar rules is indeed a catalyst for those types of memes.

My overall impression of the objection by Dan Sperber, is that Dan has perhaps not understood every detail of Dawkins' idea. As a result, Dan tries to criticize a false idea of memetics. This is unfortunate given the quality of Dan Sperber's analytical mind.

This is the reason why I always try to show how important it is to understand the idea of the replicator and being able to take a meme's eye view on culture. It is not really Richard's work that I try to defend here but the replicator idea itself. It is an extremely powerful idea that has been remarkably conveyed and developed by Richard Dawkins but I also hold my own opinion on some aspects of memetics and I think there is much to be done still.
I have myself suggested a definition of what a copy is, and also what a replicator and a meme are. I believe we can be more precise in those definitions so as to leave less room to ambiguity and hopefully use it to build a stronger model of memetics. I invite you to read my definitions in my online theoretical attempt:


Comments are very welcome.